Les mots les pensées

Les mots qui veulent en dire long, les pensées qui se perdent.
Écrire pour sois, écrire pour dire, écrire en espérant que les mots parlent, on pense comprendre et toujours incompris dans un être si fragile les mots nous trompent. Si difficile d’être un inconnu pour les personnes que l’on aime, d’être vue mais si invisible, de voir que l’on reste un inconnu.

Jérôme Jubert

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Tout part en vrille

Le temps de dire, le temps de faire, le temps de devenir vieux et de ne plus vouloir.
Il y a des jours qui ne vous ressemble pas, qui vous emporte vers l’impossible, vers des désirs qui ne vous appartienne pas.
Avoir de la volonté, disparaître, se dire que l’on a rien à faire ici.
La vérité est ce qu’il y a de plus dur, dire et avancer et se rendre compte que vous faite du mal au gens qui vous entoure.
Partir, disparaitre, ne plus avoir envie de se battre, laisser les autres décider pour vous, enfin non laisser les autres faire et ne plus être la.
Se renfermer sur sois même ne plus être présent.
Aucune activité et faire l’autruche,
Aucune activité et ne plus répondre,
Aucune activité et disparaître.
Jérôme Jubert
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Un verre

Le temps entre deux verres n’est jamais un problème. J’ai vu des verres servis en mars, bus en juillet et payés en octobre. Il faut toujours une bonne raison pour revenir à son point de départ. Les ardoises sont des rendez-vous pris avec le futur et avec ceux qui seront là, encore, déjà, jamais plus. Il y a des ardoises, jamais de dettes. Des échéances, jamais de crédit. Le vocabulaire a son importance. La confiance et la fidélité sont sœurs, comme la clef et la serrure, la poignée et la porte.
La soirée pousse un long soupir pour écarter le rideau de la nuit qui s’annonce. La fatigue s’agrippe à quelques paupières et des mâchoires s’avancent dans le couloir du sommeil. Je sens l’heure décisive, toujours un peu la même. Entre l’écartement de 23 heures et le proche épuisement de l’autorisation administrative. Il y a des signes qui ne trompent pas. Ils ne sont jamais d’impatience. Jamais je ne sens, ici, un quelconque sentiment d’impatience quand les clients tentent d’étirer les secondes pour en faire des minutes et dilatent leur désir de rester dans l’incompressible devoir de fermer. C’est un combat toujours silencieux.
Doucement, les corps font bloc contre un mur invisible. La résistance commence, toujours la même. De toute façon contrainte à s’amollir. La fermeture est une habitude irremplaçable. Elle jette, dans les tissus du dehors, une horde docile composée de têtes lourdes, de corps fatigués, de jambes sans recours. Mais c’est plus fort que nous. Je dis nous car j’en suis. Le dernier à sortir dans une formule polie pour préparer ainsi, l’entrée du lendemain.
D’ailleurs il est si tard qu’elle est presque l’entrée du jour même. Et nous voilà dehors. Sous les étoiles d’inox. Il n’y a plus que nous qui sommes encore vivants. Groupe armé de sommeil qui ne dit pas son nom. Nous sommes une dizaine, parfois plus, parfois moins, longues ombres imbibées pour la plupart d’alcool. Et moi, en résistant, rempli de café-crème ou de boissons innocentes, j’adresse un au revoir collectif à la troupe. Le café est aveugle.
Derrière son rideau, la lumière tente encore de lécher les grandes vitres mais sa langue s’empêtre et renonce à percer le voile qui la retient. L’enseigne devient sombre. Le public s’étiole, la scène pleure de gloire, les coulisses se vident, les fauteuils se resserrent. Et nous marchons doucement comme sur des œufs nocturnes. Les candélabres allongent outrageusement nos corps décalqués sur la route. Nous filons pour de vrai vers nos portes fermées, nos lits défaits de la veille, nos fenêtres sans volets, nos histoires sans paroles. Nous fonçons, tête baissée, dans le glacier de nos vies où hiberne l\’indéfectible raison de nos ivresses.
Peu à peu, la nuit gagne son calme après la brève agitation de notre sortie habituelle. Je m’éloigne en pensant aux chaises traînées sur le sol, au sol caressé par l’eau d’une serpillière, à l’ordre qui revient comme une amnésie. Au café qui s’endort doucement à son rythme. Jusqu’au prochain ressort de la porte d’entrée. Je ne dis jamais « à demain ». Mais toujours « à tout à l’heure ». Je reprendrai enfin ma place légitime. Ma tour de guet sans vue. L’espoir est ce qui reste quand tout le reste est bu. (R.B)

Rémi Beurion

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l’amitié

L’amitié se mesure à l’heure des départs,
Au piétinement doux des pas sur le parquet,
Quand les heures s’écoulent comme la cire des bougeoirs
Et que l’esprit au corps impose de rester.

Je me souviens d’un soir, autour d’une blanquette,
Où le rire accédait à des sommets lointains,
Je me rappelle encore des chardons dans l’assiette
De girolles clandestines qui bombaient leurs parfums.

Il y a des minutes où les départs sont proches
Mais que chaque seconde relègue au tour d’après.
Dehors, la nuit est fraîche et les mains dans les poches,
L’éternité s’acquiert à force d’espérer.

Dans le silence éteint, la ville s’effiloche,
Les fenêtres sont sourdes et les portes sont muettes.
Celle qu’on a passée se retourne et ricoche
Avalant, sans souci, la dernière silhouette.

Je me souviens toujours d’un écho cristallin,
D’un jour ancien cousu sur le bord d’une serviette,
Le lustre a des allures de soleil en chemin,
Dont la lumière flotte, dans l’air, comme des miettes.

La visite prend fin. Il faut bien se résoudre
A conjuguer l’espace du présent au futur.
La pendule se reprend, s’anime et se repoudre.
C‘est l’heure où les bientôt ont une fière allure. (R.B)

Rémi Beurion

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L’envie

L’envie de te voir.
L’envie de te prendre dans mes bras.
L’envie de t’entendre.
L’envie de t’embrasser.

Tu n’es pas la.
Mais ou est tu ?
Que fais tu ?

Tu arrive doucement
Tu arrive tranquillement.

Jérôme Jubert

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L’absence

Je la ressent, elle me manque.

Je la vie, elle me manque.

Je la ressent, et je lui dit.

Je la vie, et je lui dit.

Mais je ne la subie pas cette absence, je prend mon temps.

Je ne veux pas perdre cette amour.

J\’ai découvert enfin une envie forte.

J\’ai découvert enfin ce que je cherchais.

Mais sera-t-elle capable de m’aimer?

Non, une fois de plus j’ai aimé, et une fois de plus je suis en train de perdre.

L’absence, mais quelle absence, celle d\’une amie, d\’un amour, d\’une passion.

Je n’arrive pas à le définir.

Mais l’absence ne me manque pas elle est bien présente.

 

Jérôme Jubert

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le temps passe

Le temps est venu,
L’automne arrive,
Les couleurs changent,
Les oiseaux sont toujours la,
Ils nous font apprécier leurs chants,
Jérôme
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caractère

Ne rien dire

Laisser faire

Mais ne pas laisser passer

Ne rien dire

Laisser faire

Mais se rebeller

Ne rien dire

Laisser faire

Mais ne pas accepter

Ne rien dire

Laisser faire

Mais envoyer tout bouler

Non

il faut dire

Ne pas laisser faire

Sans se rebeller

Jérôme jubert

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une place

Une place

Le soleil brille,

La maison se remplie

Une place

La journée se passe

La maison se vide

Je suis la avec mes pensées

La maison est vide

Je suis toujours là

Je vacs

Il faut s\’occuper

Faire ce que l\’on a à faire

Savoir le faire seul

Ne pas se soucier

Et avancer

La lune brille

La nuit est la

Je vais dormir

Jérôme jubert

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Lettre pour elle

Pour toi mon amour.

Tu me fais avancer,

Tu me fais réfléchir,

Tu me fais prendre du recul.

Mais je vais dans le mauvais sens

Tu t’éloigne

Pourtant c’est toi qui la dans ma tête,

Toi avec qui je veux vivre, partager,

Toi qui me dit que je suis une chance.

La vie est mal faite, mais je t’attendrai,

J’attendrai, et je serai la pour toi.

Je J’offrirai la santé, le bonheur et le partage.

Jérôme Jubert

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